La veille de notre départ du Honduras, nous nous trouvons finalement dans une opulente salle lambrissée de bois, ornée de portraits de tous les présidents du Congrès hondurien depuis l'indépendance. Quelqu'un fait remarquer que ce sont tous des hommes, et qu'ils ont tous le teint clair et semblent d'ascendance européenne, à la différence de la plupart des Honduriens qui ont le teint plus foncé. Le comité sur la diversité de Développement et Paix en aurait des frissons!
Le président Roberto Micheletti a enfin accepté de recevoir la délégation après plusieurs demandes de la part des députés, de Caritas et de l'ambassade canadienne au Costa Rica.
Au cours de leur voyage, les députés en sont arrivés à la conclusion que le seul moyen viable de progresser vers l'adoption d'une loi sur les mines qui répond aux préoccupations des communautés touchées, et du pays en général, est d'aller de l'avant avec un projet de loi de réforme qui a fait l'objet d'une chaude controverse au Honduras. Bien que le projet de loi actuel reflète toutes les demandes de la société civile et des communautés, un secteur de la société civile exige toujours une nouvelle loi, plutôt que des réformes, un processus qui permettrait aux compagnies minières de continuer à profiter du vide juridique actuel pendant bien des années encore. Le projet de loi de réforme propose d'interdire l'exploitation minière à ciel ouvert et l'utilisation du cyanure et du mercure dans les mines, d'augmenter des impôts et de mettre en place de meilleurs mécanismes de contrôle social et environnemental. Il prévoit que les communautés doivent être consultées avant l'approbation d'une concession minière et peuvent exercer leur droit de veto quant à un projet si elles s'y opposent – la mise en application du libre consentement préalable et éclairé (LCPE).
« Quelques compagnies minières ont tiré profit de l'absence actuelle de loi adéquate », a confié à la délégation Arnoldo Aviles, président du comité du projet de loi. « Certaines n'ont payé aucun impôt pendant les 20 dernières années et ont promis des projets sociaux aux communautés, sans donner suite à leurs promesses. »
« Nous voulons une loi juste, qui protégera la vie humaine, l'environnement et nos sources d'eau, et en même temps ne fera pas fuir les investisseurs. Une loi dont nous pouvons être fiers, qui servira de modèle à d'autres pays latino-américains. »
Le président Micheletti affirme enfin à la délégation que si l'exécutif renvoie le projet de loi au Congrès, il fera l'objet d'une discussion approfondie avant la fin de la session.
jeudi 13 septembre 2007
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